Agrapole | Manger bio et local : n’est-ce qu’une simple tendance ?
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Manger bio et local : n’est-ce qu’une simple tendance ?

Manger bio et local : n’est-ce qu’une simple tendance ?

L’émission « Dimanche en politique » diffusée sur France 3 Auvergne-Rhône-Alpes le 27 mai, était dédiée à l’évolution des modes de consommation alimentaire. L’animatrice y a proposé un débat autour du sujet « le modèle de l’agriculture est-il en train de changer ? » en s’appuyant sur l’intervention de grands témoins dans le domaine de l’alimentation : Martial Darbon, président de la coopérative Bresse-Val-de-Saone et co-fondateur de la marque des consommateurs « C’est qui le patron ?! » ; Laurent Joyet, à la Chambre régionale d’agriculture Auvergne-Rhône-Alpes ; et Alexandre Da Silva, salarié de Bio à Pro, une coopérative des agriculteurs bio du Rhône et de la Loire pour les professionnels de l’alimentation. Auvergne-Rhône-Alpes est la 3ème région agricole française avec 22% des exploitations qui vendent en circuits courts, zoom sur ce modèle de commercialisation…

 

Consommateur = consomm’acteur ?

 

La marque « C’est qui le patron ?! » en est la preuve : cette marque a été créée par les agriculteurs dans le but de vivre de leurs exploitations. Le concept de cette coopérative est que le consommateur est le décideur. En effet, pour assurer le succès de la commercialisation des produits locaux et durables, un engagement préalable des consommateurs valide leur mise sur le marché via des questionnaires/cahiers des charges qui sont soumis à toutes et à tous avant le lancement de chaque produit. Le consommateur, en contre-partie, s’engage à payer un peu plus cher son produit pour aider à une meilleure rémunération du producteur. Par exemple, pour une brique de lait, le consommateur paye 0.18€ supplémentaire le litre en moyenne par rapport à une brique d’autre marque. Ce concept novateur qui valorise le consommateur tout en aidant le producteur à vivre de son exploitation est un modèle de circuits courts qui fonctionne à en regarder les chiffres de vente.

Réduire les barrières entre les producteurs et les consommateurs en revalorisant les intermédiaires : les principes des circuits courts est en vogue, mais est-ce récent ? Laurent Joyet, nous éclaire à ce sujet. « Les agriculteurs de la région et à leurs côtés les chambres d’agriculture travaillent depuis longtemps sur ce sujet . Avec la marque « Bienvenue à la ferme » , créée en 1988  » les agriculteurs s’engagent à proposer des produits fermiers de qualité, à offrir à leurs hôtes un accueil personnalisé et professionnel dans un environnement soigné, et à être ambassadeur d’une agriculture durable et responsable, enracinée dans les terroirs. » Aujourd’hui Bienvenue à la ferme c’est :

  • manger fermier ;
  • se restaurer à la ferme ;
  • dormir à la ferme ;
  • découvrir et s’amuser.

Ce réseau a été créé en 1988… pas si récent !

Quant à la coopérative « Bio à Pro », représentée par Alexandre Da Silva lors de l’émission, son objectif est de mutualiser des produits bio et locaux pour ensuite les redistribuer chez les professionnels de la restauration. Les produits sortent alors de champs, pour directement entrer chez les clients restaurateurs et donc dans l’assiette du consommateur. Mais alors, les modes de consommer bio est-il en lien avec les circuits courts ? Laurent Joyet l’explique lors de l’émission : 20% des exploitations en circuits courts proposent des produits issus de l’agriculture biologique. Il s’agit de deux modèles de production qui se rejoignent.

 

 

Quel(s) pouvoir(s) pour le producteur ?

 

La marque « C’est qui le patron ?! » tout comme le réseau « Bienvenue à la ferme » ou encore la coopérative « Bio à Pro » ont un point commun non négligeable pour le producteur qui est la maîtrise du prix. Le producteur fixe le prix de son produit, ce privilège engendre une qualité de production bien meilleure que pour le mode de consommation productiviste classique. L’agriculteur qui se dégagera un salaire retrouvera du sens à son acte de production.

Le réseau « Bienvenue à la ferme » regroupe plus de 8000 agriculteurs prêts à accueillir le consommateur. L’exemple des drives fermiers prouve que le producteur cherche à se rapprocher du consommateur en s’adaptant à son mode de consommation : avoir accès le plus facilement possible aux produits locaux, tout en gagnant du temps.

L’ensemble de ces dispositifs sont présents pour aider le producteur à vendre ses produits car ce dernier reste producteur et peut ne pas posséder la qualité de vendeur.

Mais ce n’est pas tout, le 30 mai dernier, même le gouvernement français cherche à valoriser le producteur avec le vote solennel à l’Assemblée Nationale du projet de loi « pour l’équilibre des relations commerciales dans le secteur agricole et une alimentation saine et durable » mentionné dans la vidéo.



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